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Planter l’avenir à Bussaco : trois jours dans une forêt mythique du Portugal

Au cœur du centre du Portugal, à quelques kilomètres de Coimbra et à proximité du village de Luso, la Mata Nacional do Bussaco est bien plus qu’une simple forêt. Ce parc exceptionnel, façonné par l’histoire et la nature, est aujourd’hui aussi un lieu d’engagement écologique, dans l’une des plus anciennes forêts d’Europe. Fin février 2026, un groupe de volontaires de Sukyo Mahikari a participé pendant trois jours à une activité de reboisement dans ce site unique, dont l’association parraine une parcelle d’1 hectare. Une expérience accessible, utile… et profondément inspirante.

Une forêt historique et fragile, à préserver

La Mata Nacional do Bussaco possède une histoire singulière. Au XVIIᵉ siècle, les moines Carmélites (Ordre des Carmes Dechaux, moines déchaussés) y ont créé un véritable jardin botanique à ciel ouvert. Dans ce lieu de prière et de contemplation, leur ambition était de rassembler des essences provenant de différents horizons. Aujourd’hui, le parc abrite 257 espèces indigènes portugaises et d’autres régions du monde.

Parmi elles, l’arbre le plus emblématique est le cèdre de Bussaco, un grand cyprès originaire du Mexique. Introduit en 1656 par les moines, il symbolise la rencontre entre les différentes cultures. 

La forêt elle-même est chargée de mémoire. Les visiteurs peuvent parcourir les Étapes de la Passion du Christ, grimper jusqu’au belvédère de Cruz Alta, ou encore visiter le Musée militaire. C’est en effet dans cette région que s’est déroulée en 1810, la bataille de Bussaco, opposant les forces anglo-portugaises dirigées par le duc de Wellington aux troupes françaises napoléoniennes du maréchal André Masséna.

Mais malgré sa richesse naturelle et historique, la forêt reste fragile. Ces dernières années, plusieurs tempêtes, dont la tempête Kristin, avec des vents à plus de 200 km/h ont causé d’importants dégâts. Avant l’activité de reboisement, la région avait subi près d’un mois et demi de pluies continues, rendant certaines zones particulièrement vulnérables. Elle subit l’impact du changement climatique de plein fouet. 

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Reboiser ensemble : une action accessible et pleine de sens

C’est dans ce contexte qu’une activité de reboisement participatif a été organisée du 18 au 22  février 2026 par l’association Sukyo Mahikari. Sous un beau soleil et une température agréable, une trentaine de participants, dont de nombreux portugais, mais aussi quelques représentants d’autres pays d’Europe et d’Afrique ont pris part à cette mission écologique. Dans la forêt, nous étions accompagnés par Sophie, qui nous a partagé un peu de son savoir dans les plantes et a guidé nos gestes.

Pendant trois jours intenses, les tâches étaient variées mais accessibles, même pour des personnes sans expérience particulière en sylviculture.

La première mission consistait à nettoyer certaines zones de la forêt. Les tempêtes successives avaient déraciné ou fortement endommagé de nombreux arbres. Il fallait dégager les branches, sécuriser l’espace et préparer le terrain pour la régénération. Nous avons donc fait des chaînes humaines pour travailler ensemble, des moments très joyeux. 

Une autre tâche essentielle était la plantation d’espèces comme des cèdres, chênes, houx, arbousiers, noisetiers, aubépines, lauriers du Portugal, filaires …  dans des zones devenues clairsemées. L’objectif : densifier la forêt et renforcer la biodiversité locale.

Notre groupe a également participé à la lutte contre les espèces invasives, notamment le mimosa, qui menace l’équilibre de l’écosystème. Nous avons contribué à dégager des zones sensibles afin de limiter aussi les risques d’incendies. Il y avait par endroit de grandes ronces, très longues, qui envahissent certains arbres que l’on a pu ainsi dégager, pour qu’ils puissent mieux prendre la lumière et continuer de grandir sans entraves. Certains ont constaté qu’en demandant pardon aux ronces, il était plus facile de les arracher. 

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Travailler, tout en respectant son corps et entrer en contact avec la nature

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce type d’activité ne demande pas une condition physique exceptionnelle. Chacun contribue à son rythme : planter un arbre, arracher quelques jeunes plants invasifs, transporter des branches… Chaque geste compte.

Lors de ce séjour, j’ai ressenti le bien être de se dépasser un peu physiquement. Le travail physique (transporter des morceaux de bois, arracher des ronces, planter,..) fait du bien au corps mais aussi à la tête, au moral. 

Nous avons été guidés à bien respecter notre corps, prendre des pauses si besoin, prendre soin de soi et des autres, pour éviter de se blesser. 

Nous avons aussi été guidés à rechercher le contact avec la nature, à l’apprécier, la contempler, se remplir de ses vibrations. C’est très apaisant de se mettre contre un grand arbre et de chercher à entrer en communication avec lui, chercher à ressentir ce qu’il a à nous dire. J’ai ainsi vécu des moments assez uniques, certains arbres me paraissant plus accueillants que d’autres à leur contact.  

J’ai pu comprendre l’importance de travailler sur mes propres vibrations, pour qu’elles soient en harmonie avec les autres et avec la nature. Nous avons entendu le chant de nombreux oiseaux (rouge gorge, roitelet à triple bandeau, fauvette à tête noire, mésange bleue, pouillot véloce, troglodyte mignon, pic de Sharpe,…), qui reviennent. 

Au-delà du travail, ce qui nous a le plus marqué est l’esprit collectif, la force de la collaboration. 

Au sein de notre petit groupe, les moments d’effort physique, les discussions, les repas partagés et les échanges interculturels ont créé une atmosphère chaleureuse. Portugais et participants étrangers ont travaillé côte à côte dans une ambiance conviviale et motivante. Les repas pris ensemble étaient toujours délicieux et préparés avec beaucoup d’amour. 

Des jeunes volontaires de l’association Plantar Uma Árvoreont travaillé à nos côtés à plusieurs reprises. Ils étaient originaires de différents pays : Grèce, Italie, Espagne, Allemagne… Beaucoup étaient encore étudiants et consacraient plusieurs mois à ce type de projets environnementaux. Leur engagement est particulièrement touchant.

Et puis, il y a la forêt elle-même.

La Mata de Bussaco dégage une atmosphère singulière. Ce parc forestier comprend un hôtel 5 étoiles, classé parmi les meilleurs hôtels-châteaux de luxe en Europe, que nous avons eu l’occasion de découvrir lors d’une visite de ses jardins. Il abrite également le couvent Santa Cruz. 

Aller à Boussaco, c’est faire un voyage très enrichissant, à la fois historique, culturel et botanique !  

Entre ses arbres centenaires, ses sentiers ombragés et ses panoramas, beaucoup parlent d’une forêt presque enchantée, où l’on ressent une énergie particulière, très paisible.

Participer à sa restauration donne le sentiment simple mais puissant de faire partie de quelque chose de plus grand : protéger la nature, ne serait-ce qu’un arbre, est quelque chose d’incroyable.  C’est une manière de rendre quelque chose à la nature, elle qui nous donne tant … Une trentaine de personnes qui travaillent à restaurer l’environnement, en cherchant à être en harmonie entre eux et avec la nature, cela peut paraître faible dans le monde chaotique actuel, mais c’est l’histoire du colibri conté par Pierre Rahbi : « Le but est que chacun ne se sente pas impuissant face aux réalités, et qu’il puisse prendre ses responsabilités.” Faire sa part. 

Une prochaine activité de reboisement au Portugal sera organisée en Novembre 2026 par notre association. Venez nombreux ! 🌿

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